Nikon D610 (reflex plein format) vs Fuji X100 (mirrorless): test terrain.

April 19, 2014  •  2 Comments

Après avoir photographié, pendant 3 années, quasi exclusivement avec un Fuji X100, j’ai revendu ce dernier à Noël pour investir dans un reflex plein format (le D610 de chez Nikon).

Mon voyage au Sri Lanka (février 2014) aura été un bon moyen d’étrenner  mon D610 et de me faire une idée assez précise de ses avantages et inconvénients vs le Fuji x100.

Il ne s’agit pas ici de comparer 2 fiches techniques (il y a plein de bonnes revues pour cela), mais de partager des expériences d’utilisation en situations réelles.

Au-delà de ces 2 modèles d’appareils photos, si vous hésitez entre un reflex et un « mirrorless », cet article vous donnera peut-être quelques pistes utiles.

 

Autant le dire tout de suite, l’appareil photo idéal n’existe pas. Il convient dès lors de trouver le meilleur compromis en fonction de son style de photos et surtout de privilégier le plaisir ! Je fais partie de ceux qui pensent que le bon appareil photo est celui que l’on « aime », celui avec lequel on a envie de faire des photos. C’est très subjectif mais c’est tellement vrai !

 

LA VISEE

Quel bonheur de retrouver une vrai visée reflex et, qui plus est, avec une couverture à 100%. Lorsque l’on aime travailler avec précision sa composition, la visée reflex est incomparablement plus confortable. On voit exactement ce que l’on prend en photo et on le voit bien. C’est essentiel dans bien des situations.

Le Fuji X100 offre un système de visée ingénieux, laissant le choix entre une visée optique (mais non ‘reflex’) et une visée électronique. Deux solutions complémentaires mais chacune imparfaites.

La visée optique du Fuji X100 est confortable mais relativement ‘imprécise ‘. Il y a systématiquement un écart entre ce que vous cadrez et la photo finale. Pas facile dans ces conditions d’avoir une composition précise. Par contre, le fait d’avoir une cadre dans la visée permet de voir le sujet dans le viseur avant qu’il n’apparaisse dans le cadre de la photo. Pratique pour une meilleure anticipation, notamment lorsque l’on fait des photos de rue. Mais là encore, je trouve cela un peu perturbant pour la composition car on voit dans le viseur des éléments qui ne seront pas dans la photo finale, et cela peut engendrer des erreurs lorsqu’il faut cadrer sur le vif. Par ailleurs, avec la visée optique du FujiX100, il faut tenir compte de la parallaxe car le viseur est décentré par rapport à l’objectif. Ainsi, plus le sujet est prêt et plus, lorsque vous utilisez le collimateur central, la mise au point ne se fait pas complètement au centre… Un peu déroutant au début. Ce n’est en général pas gênant lorsque vous travailler à f11 sur des sujets distants. Ca le devient un peu plus si vous travailler avec une faible profondeur de champs (ex : f/2) car vous risquez de faire la mise au point sur votre arrière-plan au lieu de la faire sur votre sujet principal. Heureusement, le Fuji X100 permet d’afficher une échelle indiquant la distance de mise au point ainsi que la zone de netteté. Ainsi, si vous avez voulu faire la mise au point sur un sujet à 2 mètres et que l’échelle vous indique avoir fait la mise au point à 20 mètres, c’est que vous vous êtes probablement fait piéger par le phénomène de parallaxe !

Bon, dans la réalité, on ne pense pas toujours à regarder l’échelle lorsque l’on est dans le feu de l’action…

Après 3 ans de pratique du Fuji X100, les erreurs de mise au point sont devenues rares... mais toujours pas inexistantes.

 

La visée électronique du Fuji X100 permet quant à elle de visualiser 100% de sa composition. Très utile pour un cadrage précis. Elle comprend cependant de (trop) nombreux inconvénients. L’autofocus, en visée électronique, manque singulièrement de vélocité (il parait toutefois que l’autofocus du X100S a été grandement amélioré). Et surtout, par temps très ensoleillé, on ne voit plus grand-chose dans le viseur (même problème, en moins prononcé certes, que lorsque vous utilisez l’écran électronique arrière de n’importe quel appareil photo).

Pour illustrer la différence de ressenti entre l’utilisation d’une visée électronique et celle d’une visée optique, on pourrait dire que c’est comme regarder un paysage (par ex) sur un écran de TV plutôt que par la fenêtre. Les sensations ne sont pas vraiment les mêmes…

 

Si ce système de choix de visée propre au Fuji X100 n’atteint pas le confort d’une visée reflex, il est cependant, à date, le système le plus intéressant du marché des « mirrorless ».

 

LE POIDS

Le Fuji X100 est nettement plus léger que le Nikon D610 (ou que n'importe quel autre réflex d'ailleurs!) et, sur le terrain, ça fait une réelle différence.

La plus importante est qu'avec le Fuji X100, vous ne vous posez plus la question de savoir si ça vaut le coup ou non de prendre votre appareil photo. Le "bon" appareil, c'est peut-être tout simplement celui que vous avez toujours sur vous. C'est encore le meilleur moyen de ne pas passer à côté d'une bonne photo!

 

Pour être objectif, il faut toutefois comparer ce qui est comparable. Le Fuji x100 est équipé d'un 35mm (23 mm équivalent 35 mm en format 24x36), et le poids du Nikon D610 équipé d'un 35 mm f2 est très raisonnable (bien que toujours supérieur à celui du Fuji X100). La tentation est grande de fixer des gros cailloux au D610, mais l'usage est alors très différent. Si vous utilisez des zooms avec votre reflex, je vous conseille d'investir dans une sangle Black Rapid. Ça soulage grandement les cervicales. Pour avoir essayé de nombreux systèmes de sangles, c'est vraiment le meilleur que j'ai trouvé. 

 

L'AUTOFOCUS

Le Nikon D610 surpasse très largement le Fuji X100 dans ce domaine. Si lors des essais en magasin, l'autofocus du X100 peut paraitre relativement efficace, je suis passé à côté de nombreuses photos faute d'un autofocus assez véloce. En photo de rue, c'est rageant d'avoir une belle composition dans le viseur et de ne pas pouvoir déclencher à l'instant décisif parce que l'autofocus peine à faire la mise au point.

L'autofocus du D610 est quant à lui rapide et fiable mais ce n'est toutefois pas l'autofocus de mes rêves car la plage couverte ne permet pas d'avoir un collimateur sur l'intersection des 1/3 (cf. règle de composition des 1/3). Concrètement, cela oblige à mémoriser la mise au point (déclencher à mi-course) puis à décentrer. La seconde ainsi perdue peut vous faire passer à côté de la photo que vous souhaitiez. A titre perso, pour les photos de rue, je suis habitué à travailler principalement avec le collimateur central et du coup, ça ne me dérange pas trop. A l'inverse, pour les portraits à très grande ouverture, c'est beaucoup plus gênant car si le sujet bouge ne serait-ce que de 1 cm pendant que vous décentrez , l'œil sur lequel vous tentez de faire la mise au pont ne sera plus net.

 

LA QUALITE DE L'IMAGE

Le Fuji X100 produit de très bonnes images. Le D610, avec son capteur plein format, en produit des encore un peu meilleures. Pour les scènes de rue, la différence n'est pas flagrante d'autant que je les passe en noir et blanc et rajoute du grain et du vignettage en post-prod. Par contre, pour les portraits à pleine ouverture, les résultats obtenus avec un capteur plein format sont vraiment incroyables.

 

L'ERGONOMIE

Elle est nettement plus réussie sur le D610 que sur le Fuji X100. Quel plaisir de retrouver un appareil où les touches sont facilement accessibles, même avec l'œil au viseur!

 

CONCLUSION

Le D610 et le FujiX100 sont tous les 2 de très bons appareils photos dans leurs catégories.

Le Fuji X100 est un bon compagnon pour la photo de rue. Il est léger et discret (tant par sa taille que par sa quasi absence de bruit au déclenchement). C'est un appareil que l'on emmène partout et avec lequel on ose prendre des photos en étant très proches de ses sujets. Les principaux défauts du Fuji X100, à savoir le manque de vélocité de l'AF et l'ergonomie alambiquée, ont à priori été corrigés dans la version "S". Reste qu'avec sa focale fixe de 35 mm, il ne permet pas de couvrir tous les besoin du photographe de voyages, notamment pour les portraits et pour les paysages. A l'inverse, le fait de n'avoir qu'un 35 mm permet de progresser: on apprend à se déplacer plutôt qu'à zoomer; on s'habitue à rentrer vraiment dans la scène; et surtout, après quelques mois (voir années…), on a "un 35 mm dans l'œil" et on sait exactement où se positionner pour obtenir le rendu escompté.

Le D610 est quant à lui beaucoup plus polyvalent, offre un qualité d'image remarquable, bénéficie d'une visée réflex très agréable… mais est aussi plus gros et surtout beaucoup plus cher. Durant mes 2 semaines au Sri Lanka, j'ai pu varier les plaisirs en utilisant, en fonction de mes besoins, mon D610 avec un 24-70 mm f2.8 ou avec un 35 mm f2. Pour la photo de rue, j'ai retrouvé avec mon couple D610/35mm des sensations assez similaires à celles procurées par le Fuji X100, le confort et l'efficacité en plus. Reste à savoir si ce couple D610+35mm passera également bien dans des milieux plus "hostiles": au Sri Lanka, les gens étant extrêmement gentils et aimant être pris en photo, la différence d'encombrement et de discrétion avec le Fuji X100 ne m'a pas particulièrement gênée.


Comments

Cyril Bezzina
Bonjour Arnaud,
Merci pour ton commentaire.
Le X100F est un superbe appareil qui corrige tous les défauts du X100 décrits dans ce post. Pour autant, si tu as un budget limité mieux vaut peut-être garder ton D610+35mm et continuer à voyager! Pour être plus réactif en photo de rue, j'aimais bien utiliser un "wrist strap" (ex: http://www.blackrapid.com/Wrist-Strap-with-FastenR5-Breathe) lorsque je sortais avec mon D610+35mm.
Sinon, ca vaut peut être aussi le coup de regarder du côté du marché de l'occasion. Tu devrais trouver des X100F à prix abordable.
Cdt,
Arnaud(non-registered)
Merci pour ce post qui répond à plusieurs de mes questions.
Équipé actuellement du D610 et d'un 35 mm (en + d'un 24-70 et d'un 85), je me demandais s'il était judicieux que j'achète en plus un X100F afin de voyager léger et de faire notamment de la "street photography". Bien entendu, j'en fais déjà avec le D610, mais le poids du matériel se fait parfois ressentir... Pour autant, il m'indiffère totalement d'être discret ou "invisible" lors de mes prises de vue car je préfère le côté "participatif" du sujet plutôt que de "voler" son portait... Il me semble alors judicieux de ne pas effectuer cet achat "plaisir" et non véritablement "nécessaire" et de financer ainsi, pour le même prix, un nouveau voyage + une petite expo, non ? Cordialement
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